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Est-il possible de diriger un mastodonte comme Total sans avoir une part d'ombre? Un des rares à avoir fait entendre un autre son de cloche dans ce concert de louanges, hier, l'a fait peut-être un peu hâtivement. Et à sa manière surtout, en militant sincère certes, mais aussi parfois rugueux et sanguin. Il s'agit de Gérard Filoche qui, d'un premier tweet (« De Margerie est mort. Famille Taittinger en deuil. Les grands féodaux sont touchés. Ils sont fragiles. Le successeur nous volera t-il moins ? »), suivi derrière de nombreux autres, a réussi à se mettre à dos une bonne partie de l'intelligentsia politico-médiatique. 

 

 
Pourtant, cette part d'ombre, professionnelle bien sûr, mérite d'être évoquée.Cela n'enlève rien au respect que l'on doit à l'homme et à ses proches. Cette partie-là de son œuvre, Marianne s'est d'ailleurs échiné à la mettre en lumière au fil des années. Comme sa double mise en examen pour « corruption d'agents publics étrangers » et « abus de biens sociaux » ou bien encore nos révélations sur le fait que son entreprise ne payait pas d'impôts en France ! Margerie était également de ces patrons qui, dès l'été 2012, exerça un pressing important sur François Hollande pour le faire plier sur la fiscalité et la compétitivité. Il fut aussi de ces dirigeants de multinationales qui, en avril dernier, participèrent à une sauterie très fermée dans un bel hôtel parisien avec le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, pour évoquer avec lui — voilà un joli privilège — l'avancement des si secrètes négociations sur le Traité transatlantique. Il fut, enfin, ce patron qui, le matin même où Manuel Valls se lançait dans une déclaration d’amour à l'adresse du monde de l’entreprise à l'université du Medef, annonça sans sourciller de nouvelles restructurations dans le raffinage ! Car c'était ça, aussi, Christophe de Margerie...
 

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