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« La Peste Brune », 1932 Daniel Guérin

30 janvier 1933 : Hitler prend le pouvoir en Allemagne, la dictature nazie installe un régime de terreur sous le regard incrédule ou indifférent du restant de l'Europe qui ne comprend pas encore quelle catastrophe est en train de se produire. Pourtant des voix se sont déjà élevées pour la mettre en garde. Parmi elles, celle de Daniel Guérin qui, l'automne précédent, a livré au public français un premier reportage sur cette Allemagne en train de rouler vers le gouffre, en se laissant contaminer par la peste brune. Et qui s'apprête à repartir en Allemagne, quelques semaines plus tard, pour un second reportage sur la mise au pas de la société allemande.

Dans ces deux textes, ici réunis pour la première fois depuis trente ans, le futur auteur de Fascisme et grand capital nous livre à chaud son analyse du phénomène : une paysannerie ruinée par l'inflation et la crise économique ; une petite bourgeoisie à la fois apeurée et enragée par son déclin ; le plus puissant mouvement ouvrier d'Europe affaibli par un chômage massif, la carence de ses directions et ses divisions internes ; une grande bourgeoisie que sa propre crise accule à des solutions de force, tels sont les principaux ingrédients de la catastrophe.

A l'heure où le capitalisme traverse à nouveau une crise majeure et que l'ombre des mouvements d'extrême droite s'étend sur l'Europe, ces textes à la fois alertes et percutants conservent une pleine actualité, en nous rappelant la nécessité de la vigilance et l'urgence de la rapide prise de conscience et de la nécessité de s'organiser.

« La Peste Brune », 1932 Daniel Guérin

Au terme de cette enquête et de ce voyage, je dirai seulement ce dont je suis sûr.

J’ai vu la peste brune passer par là. J’ai vu ce qu’elle a fait d’un grand pays civilisé. Mon témoignage est pur de tout chauvinisme. Vous ne m’aurez pas entendu dire, comme on l’a murmuré jusque dans nos propres rangs socialistes, ici en France : « Tout cela est arrivé… parce que ce sont des Boches ! »

Je ne dirai pas davantage, avec le leader social-démocrate Wels, que la classe ouvrière allemande ne s’est pas montrée à la hauteur… Si ses chefs l’ont trahie, ce n’est pas la volonté de lutte qui lui a manqué, qui lui manque encore.

J’ai vu, de mes yeux, le fascisme. Je sais aujourd’hui ce qu’il est. Et je songe qu’il nous faut faire, avant qu’il soit trop tard, notre examen de conscience. Depuis dix ans, nous n’avons pas prêté au phénomène une attention suffisante. César de Carnaval, blaguait Paul-Boncour. Non, le fascisme n’est pas une mascarade. Le fascisme est un système, une idéologie, une issue. Il ne résout certes rien, mais il dure. Il est la réponse de la bourgeoisie à la carence ouvrière, une tentative pour sortir du chaos, pour réaliser, sans trop compromettre les privilèges de la bourgeoisie, un nouvel aménagement de l’économie, un ersatz de socialisme.

J’ai appris en Allemagne que, pour vaincre le fascisme, il faudrait lui opposer un exemple vivant, un idéal de chair… Ah ! si l’URSS, redevenue république des Soviets, pouvait comme après 1917, être un pôle d’attraction irrésistible !

J’ai appris que, si la carence ouvrière se prolonge, le fascisme se généralisera dans le monde. Attendrez-vous, ici, que pleuvent les coups de matraque ? Le fascisme est essentiellement offensif : si nous le laissons prendre les devants, si nous restons sur la défensive, il nous anéantira. Il use d’un nouveau langage, démagogique et révolutionnaire : si nous ressassons, sans les revivifier par des actes, les vieux clichés usés jusqu’à la corde, si nous ne pénétrons pas jusqu’au fond de ses redoutables doctrines, si nous n’apprenons pas à lui répondre, nous subirons le sort des Italiens et des Allemands. Enfin, le fascisme est essentiellement un mouvement de jeunesse. Si nous ne savons pas attirer à nous la jeunesse, satisfaire son besoin d’action et d’idéal, elle risque de nous échapper et même de se retourner contre nous. Si nous ne purgeons pas notre action du moindre vestige de nationalisme, nous creuserons, nous aussi, sans le vouloir, le lit d’un national-socialisme.

Qui sait, ce lit est peut-être, chez nous, déjà en train de se creuser…

« La Peste Brune », 1932 Daniel Guérin

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C'est quoi le fascisme ?


Le fascisme, mon petit, c'est ce qui à un moment de crise du capitalisme , du libéralisme de cette libérale démocratie,, bref de la Hiérarchie Jouisseuse et exclusive, éprise de pouvoir et de Possessions trébuchantes,, où chacun, par confort ou opportunisme , par peur aussi, se tait., ce qui vermine sous allure de combat contre ce que nous subissons, ce qui laisse croire .

Ce n'est jamais qu'un parti, désigné pour se protéger de soi, c'est TOUS les partis qui se taisent , car c'est difficile, choquant et si peu satisfaisant pour les ambitions personnelles ..... Oui, mon petit, c'est le FN qui est désigné, mais ce sont les autres qui le portent ce fascisme avec lui et à tavers lui . .... 

Ami entends-tu le cri sourd .......

Nanou

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