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Comment le patronat financiarisé tue l'emploi et la production! par Gilbert Rodrigue

Une fois n'est pas coutume !

La télé publique (France 2) a diffusé ce mardi soir, bien tard il est vrai (23 heures) un documentaire de P. Benquet exceptionnel.

Où l'on voit comment une dynastie industrielle, les de Wendel, sous la houlette du baron Ernest-Antoine Seillière (président du CNPF puis du MEDEF (1998-2005)., se reconvertit avec l'aide de l'état dans le tout financier et comment ses profits explosent parallèlement au sabotage de l'emploi des entreprises rachetées.

Deux exemples concrets sont présentés, celui de l'entreprise limousine LEGRAND (36.000 salariés au niveau mondial) et celui de SAINT GOBAIN (190.000 salariés).

La militante CGT Lydie DELIAS dans l'entreprise d'appareillage électrique depuis plus de 30 ans décortique le mécanisme dit LBO ou "à effet de levier" qui a consisté au  rachat de  l'entreprise par De Wendel associé à l'américain KKR financier.

L'astuce consiste à ne mettre qu'une partie de la somme pour racheter l'entreprise (dans ce cas 1,4 milliard d'euros) dans une entreprise estimée à 4,4 milliards et donc à emprunter auprès des banques 3 milliards.

Donc en s'endettant.

Mais ce sont les salariés de Legrand qui rembourseront la dette que de Wendel et KKR ont contracté.

Avec l'objectif au final d'être propriétaire de la totalité de l'entreprise.

Et pour que les salariés paient cette dette 2 moyens essentiels seront utilisés :

 

  • la réduction massive des investissements industriels pour moderniser l'outil de production : on passe de 10% du chiffre d'affaire avant à 2%
  • la réduction massive de l'emploi : en France on passe de 10.000 salariés à moins de 6000

L'opération a duré 4 ans, de 2002 à 2006 à partir de quoi De Wendel et KKR se retrouvent propriétaires de la totalité du capital de legrand, leur mise ayant été multiplié par 3 sur le dos des travailleurs de Legrand!

En s'apprêtant à revendre l'entreprise!

Ces pratiques ne sont pas marginales et ne concernent pas que le baron Ernest-Antoine Seillière.

NON, c'est à une politique globale et concertée unissant le patronat, le système financier et le pouvoir politique à leur service que nous avons affaire.

Depuis plus de 20 ans c'est à une entreprise de liquidation de la production et de l'emploi à laquelle on assiste avec la complicité du pouvoir politique de droite et du parti socialiste.

Et c'est un mensonge du pouvoir et des économistes serviles (les Elie Cohen, Nicolas Bétoux, Marc Fiorentino,Christian Saint-Etienne, Michel Godet, Nicolas Baverez, Emmanuel Lechypre ...) qui à longueur d'antenne prétendent que les exonérations de cotisation sociale, que les cadeaux du pacte de responsabilité, que la remise en cause du code du travail vont relancer l'investissement et l'emploi.

 

NON, le ver est dans le fruit!

 

Et il n'y a pas d'autre voie que la lutte pour empêcher cette politique de se poursuivre et que la mise en cause des mécanismes qui permettent légalement aux prédateurs patronaux de piller et de réduire massivement le travail de millions de salariés!

 

Gilbert Rodrigue

 

VIDEO- Du fer à la finance, l'empire Wendel

Présentation du documentaire :

Du fer à la finance, l'empire Wendel

Diffusé sur France 2 le 3/3/2015 à 23 heures

 

 

Infrarouge - Du fer à la finance, l'empire Wendel

Balayé par la crise des années 70, la famille de Wendel - dynastie mythique de la sidérurgie lorraine - s’est transformée en un des groupes les plus puissants de la finance internationale. Sous la férule du baron Ernest-Antoine Seillière, le groupe est devenu un des symboles d’un capitalisme financier qui s’enrichit en fragilisant les entreprises.

 

La dynastie Wendel, fleuron de la sidérurgie française au XIXe siècle, a survécu à tous les bouleversements économiques depuis la première révolution industrielle et a toujours su conserver un pied dans les affaires et un autre dans la politique.

Avec la crise de la sidérurgie dans les années 70, l’empire lorrain des Wendel est nationalisé, ses dettes rachetées. L’État français, bon prince, lui laisse ses participations financières dans quelques entreprises rentables. La dynastie confie alors son destin à un de ses membres les plus influents, le baron Ernest-Antoine Seillière. Il transforme radicalement la stratégie familiale et modifiele groupe industriel en un empire financier. Dans le même temps, il prend la tête du Medef et participe ainsi à tous les niveaux au mouvement de financiarisation de l’économie française.


Le groupe Wendel devient alors un fond d’investissement, qui va pratiquer ce qu’on appelle « l’achat avec effet de levier ». Il s’agit d’acheter une entreprise avec de l’argent prêté par les banques, de la restructurer en réduisant ses coûts de personnel et d’investissement, de vendre certaines de ses activités, d’utiliser les bénéfices pour rembourser les banques et finalement de la revendre en réalisant le maximum de profits.

Wendel investit ainsi dans des entreprises telles que Cap Gemini, Valeo, Biomerieux, Editis, Bureau Veritas, Legrand. Les profits explosent, mais les entreprises revendues sont fragilisées par les plans de restructuration qui leur ont été imposés.

Les montages financiers et fiscaux se complexifient à l’extrême. Le rachat catastrophique de l’entreprise Saint-Gobain, qui a nécessité un endettement colossal, sonne l’alarme au sein de la famille. Ernest-Antoine Sellière, poursuivi par le fisc, démissionne en 2009 et cède la place à François de Wendel, 3e François du nom.


Du fer à la finance, l'empire Wendel    Du fer à la finance, l'empire Wendel

C’est de l’intérieur, avec les principaux acteurs de cette tragédie économique, que Patrick Benquet et Marlène Benquet ont choisi de raconter cette histoire. 
Au sein de la famille : François de Wendel, Ernest-Antoine Seillière, Sophie Boegner, Edouard de Bastard. 
En Lorraine, les anciens ouvriers, Jeanne Schmitt et Antoine Bruzzese, bénéficiaires et victimes du paternalisme patronal et l’historien local Michel Printz. 
Au sein d’une entreprise rachetée puis revendue, les syndicalistes, Lydie Delias et Philippe Massacret des établissements Legrand à Limoges. 
Mais aussi, Denis Kessler, vice-président du Medef de 1998 à 2002. Jean-Louis Beffa, PDG de Saint-Gobain jusqu’en 2007. 

Le documentaire a reçu le prix du Public (festival de Pessac 2014), le prix des jeunes journalistes (festival de Pessac 2014) et a été sélectionné au FIPA 2015 et  Figra 2015.

Documentaire.

Réalisé par Patrick Benquet.
Scénario de Patrick Benquet et Marlène Benquet.
Produit par Compagnie Phares et balises.
Avec la participation de France Télévisions, Centre National du Cinéma et de l'image animée, Procirep et Angoa.

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