Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Giorgos Marinos

Giorgos Marinos

Mercredi 18 février 2015

 

I. Comment voyez-vous la récente élection de Syriza? Sera-t'il en mesure de résoudre les besoins des travailleurs grecs?

 

De  notre estimation, le remplacement du gouvernement ND-PASOK par SYRIZA-ANEL ne peut pas aider à satisfaire aujourd'hui les besoins du peuple. Et cela parce que le nouveau gouvernement, comme le précédent, malgré ses mots d'ordre de "gauche" agit dans le même cadre: la participation du pays à l'UE et à l'OTAN, à l'application des engagements avec ces unions impérialistes, la reconnaissance de l'insupportable dette dont le peuple n'est pas responsable, le soutien de la rentabilité des profits des intérêts capitalistes au nom de la "compétitivité de l'économie nationale".

 

Ainsi le nouveau programme de gouvernement cherche simplement à gérer le phénomène de l'extrême pauvreté, alors qu'en même temps la situation insupportable se poursuit pour la majorité du peuple, quand les causes des problèmes du peuple demeurent inchangées. Ces causes sont à trouver dans la véritable nature du capitalisme. 

 

2- KKE a-t-il offert une alliance à Syriza? Si oui, quelles étaient les conditions de l'accord?

 

Comme la vie l'a démontré vulgairement les coalitions  de partis rassemblés au nom de la gauche et les intentions de mieux gérer le capitalisme ne servent pas les ouvriers. L'expérience en Grèce et au plan international, selon notre estimation, démontre que les gouvernements de  "Centre-gauche", "progressiste" , "aile-gauche" dans le cadre du capitalisme ( par exemple en Italie, en France, à Chypre et au Brésil etc..) ont  pris aussi des mesures anti-peuple, qui furent incapables d'éviter les conséquences de la crise capitaliste et ils ont participé activement dans des guerres impérialistes. De tels gouvernements ont exacerbé  la désillusion parmi les ouvriers, ont affaibli le mouvement ouvrier et dans chaque cas ont constitué un "pont"  à  des politiques plus droitières. 

 

Notre parti d'une manière très opportune avait exclu la possibilité d'une participation ou d'un soutien au gouvernement de "gauche" de SYRIZA qui promet qu'il peut être un gestionnaire en faveur du peuple à l'intérieur du cadre du capitalisme et des unions impérialistes. De notre côté, nous ne participons pas à répandre de telles illusions et nous présentons    certaines "conditions" parce qu'il est évident que nous avons une approche diamétralement différente: SYRIZA cherche l'humanisation du capitalisme, le KKE cherche son renversement et la construction d'une autre société. Néanmoins, nous avons promu notre projet, qui en bref offre ce qui suit: l'annulation unilatérale de la dette, le désengagement de l'UE et de l'OTAN, la socialisation des moyens de production, la planification centrale de l'économie, le pouvoir populaire des ouvriers.

 

Je noterai que le KKE a sa propre vision de quelle type d'alliances le pays  besoin. Nous avons tracé la ligne de la formation d'une alliance populaire, composée de forces sociales, la classe ouvrière, les paysans pauvres et moyens, la couche petite bourgeoise urbaine, dont les intérêts entrent en conflit avec les monopoles et le capitalisme. Cette alliance, qui aujourd'hui fait ses premiers pas, lutte pour chaque problème rencontré par le peuple. Elle a une direction anti-monopoliste et anti-capitaliste et contribue à la concentration des forces dans le but de paver le chemin pour la construction d'une nouvelle société socialiste-communiste. 

 

3- SYRIZA a conclu récemment un accord avec le parti de l'aile droite les "Grecs indépendants". Comment voyez-vous cela? Fut-elle nécessaire? Pourquoi?

 

Il ne nous a pas surpris. Avant les élections nous avons affirmé que SYRIZA , s'il n'obtenait pas une majorité absolue, formerait un gouvernement avec l'un des partis qui comme SYRIZA veut que la Grèce reste au sein de l'UE et de l'OTAN. Nous parlons au sujet des partis qui considèrent que le peuple devrait payer la dette insupportable dont il n'est pas responsable et soutenir  la voie capitaliste de développement. Bien  qu'il y avait d'autres partis bourgeois, de différentes couleurs , pour qui c'était un plaisir  de collaborer avec SYRIZA dans le gouvernement, SYRIZA a choisi de coopérer avec ANEL, une coopération qui a commencé auparavant. 

 

4- Il semble que SYRIZA voulait combattre les sanctions de l'UE et des Etats Unis contre la Russie. Elle a soutenu leur extension jeudi dernier. Quelle est sur cette questions le point de vue de KKE?

 

L'attitude véhémente  du gouvernement sur la question de l'Ukraine a duré 3 jours. Au quatrième jour, le gouvernement grec s'est aligné à l'UE et a voté pour les mêmes sanctions contre la Russie qui avaient été votées par le précédent gouvernement ND-PASOK, laissant la porte ouverte à d'autres sanctions dans le proche avenir. Nous noterons qu'il avait critiqué l'attitude du précédent gouvernement sur cette question.

 

De notre évaluation, les sanctions contre la Russie signifie l'escalade de l'intervention de l'UE et des USA en Ukraine, dans le cadre de leur rivalité avec la Russie pour le contrôle des marchés et des ressources énergétiques de la région. 

 

La guerre commerciale entre l'UE et la Russie par dessus tout nuit à la classe ouvrière et aux couches populaires, comme les petits et moyens paysans en Grèce. C'est une guerre commerciale qui a pour objectif d'être bénéfique aux intérêts des monopoles.

 

La nouvelle décision de L'UE, avec également la participation de la gauche grecque, confirme encore une fois le caractère réactionnaire  impérialiste de l'UE, qui attaque les peuples d'Europe et joue un rôle dirigeant dans les plans impérialistes afin de servir les intérêts du capital basés sur l'UE. 

 

Le KKE défend toujours que le peuple grec doit dénoncer l'attitude du gouvernement grec et demander qu'il ne devrait pas y avoir une participation  grecque dans les plans de l'UE et de l'OTAN. 

 

5- Nous voyons la croissance des organisations fascistes et néo-nazies à travers l'Europe. En Grèce, il y a Aube Dorée. Aux dernières élections ils ont obtenu 6% des suffrages exprimés. Si SYRIZA échoue pour solutionner les problèmes de la Grèce, est-ce que Aube Dorée va s'agrandir? 

 

Il est vrai que le parti nazi Aube Dorée, qui a des activités criminelles et qui fut créé par les mécanismes du système, maintient un pourcentage élevé aux élections, malgré les pertes de voix. 

 

La responsabilité particulière du pourcentage obtenu par AD appartient à la fois au gouvernement  ND-PASOK  qui a entretenu l'anticommunisme, la théorie des deux extrêmes, le bouc-émissaire des immigrés et également l'orientation  floue "anti-mémorandum" encouragé par SYRIZA qui disculpe les adversaires réels du peuple, les capitalistes. Cette organisation criminelle  particulièrement fasciste s'est développée sur  ce terrain politique et idéologique.

 

Le KKE demeure le constant adversaire du fascisme, précisément parce que KKE s'oppose au capitalisme dans son ensemble, le système qui crée le fascisme, le nationalisme et le racisme. 

 

La frustration des espérances qui a  été cultivée par les forces de la social-démocratie, comme SYRIZA, peut faciliter l'activité de Aube Dorée parmi les sections arriérées  du peuple. Cependant, nous estimons que notre peuple a la force de rejeter et d'isoler l'activité  criminelle nazie et l'idéologie de Aube Dorée. Il possède l'expérience historique et la mémoire de la seconde guerre mondiale, de la victoire anti-fasciste. C'est un devoir et une nécessité pour les enseignants, les artistes et les scientifiques  d'exposer plus généralement et de combattre, particulièrement le poison du fascisme-nazisme  parmi les jeunes et dans les  écoles afin  de le gêner. Le mouvement ouvrier et populaire doit renforcer sa lutte contre le nazisme et son activité criminelle, contre le système et les intérêts qui créent et soutiennent de semblables formations. 

 

Partager cet article

Repost 0