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Non au terrorisme, non à l’État policier!  par Robert Bibeau

À peine quelques heures après la tuerie l’attentat meurtrier de Paris, au journal satiriqueCharlie hebdo, est présenté comme le «11 septembre de la France».

Les appels à l’unité nationale, à «faire bloc» derrière l’État «démocratique» pour défendre la République, se multiplient. Le président français, F. Hollande, s’est immédiatement présenté sur les lieux pour recueillir les dividendes politiques et idéologiques de cet attentat et pour appeler à l’unité nationale contre «une attaque (…) commise contre un journal – c’est-à-dire l’expression de la liberté (sic) – contre des journalistes (…) contre l’esprit de la République». Voilà, la table était mise pour mobiliser «la nation» en faveur de la guerre dont les masses ouvrières, les jeunes chômeurs et les travailleurs feront la chair à canon au nom de la «patrie en danger».

Ouvriers du monde entier, n’avez-vous jamais entendu ce refrain par le passé?

La guerre mettant aux prises la pseudo démocratie bourgeoise contre la barbarie a été déclarée par ces politiciens incapables de réguler l’économie, mais tout à fait capables de nous mener à la guerre totale : « il faut un combat national contre l’islamisme » a repris un éminent journaliste bourgeois français (Serge Moati).

Le mot d’ordre est lancé : « défendre la démocratie et la république contre l’islamofascisme ». D’ores et déjà, quelques heures après l’attentat, le Parti socialiste français appelle à une «marche des républicains» visant à entraîner la population derrière son train opportuniste. L’ensemble des dirigeants du monde, Obama, Cameron, Merkel, Poutine, etc. dénoncent l’attentat et désigne l’ennemi que l’ouvrier devrait exterminer : l’islamiste. La guerre contre l’islamisme, déjà déclarée lors des attentats d’Ottawa (Canada), de New York et de Sydney (Australie) de ces derniers mois, va être relancée et les populations vont être rameutées pour se rassembler derrière leur drapeau nationaliste chauvin et derrière leur État pseudo démocratique bourgeois, qui hier encore leur imposait des coupures dans leur régime de retraite, des  compressions des services publics, des hausses de taxes, le chômage et la paupérisation généralisée, en France comme dans les autres pays alliés.

C’est un véritable climat de guerre que les bourgeoisies de tous les pays essaient d’imposer aux ouvriers. Et nul doute que cet attentat marque une étape dans la mise en place d’une grande offensive idéologique et politique international contre la classe ouvrière en vue de lui imposer une atmosphère et une logique militaire, d’unité nationale policière et de préparation à la guerre pour laquelle tous les sacrifices économiques et humains seront exigés des salariés.

Soyons clairs : nous dénonçons ces actes de barbarie et l’usage du terrorisme. Ce n’est pas une arme de la classe ouvrière. Le terrorisme d’aujourd’hui est toujours, directement ou indirectement manipulé et provoqué par les États bourgeois à la fois comme moyen – et moment – de guerres impérialistes et, en même temps, contre la classe ouvrière : par la terreur généralisée et les mesures de répression que ces actes sanglants justifient; et surtout par l’utilisation idéologique et politique qui en est faite et qui vise à rassembler l’ensemble des populations derrière leur État et leurs bourgeois au nom de l’unité nationale et de la défense de la patrie (du déjà vu).

Pour la classe ouvrière, l’alternative « démocratie contre islamofascisme » est un piège. Les groupes terroristes islamistes sont produits par les États démocratiques et leurs rivalités impérialistes exacerbées. L’organisation Human  Right Watch a mis en évidence comment le FBI recrutait et utilisait des musulmans pour commettre des attentats en « loup solitaire ». Les Talibans furent des hommes de la CIA, de même pour Al Qaïda.L’État islamique au Levant est soutenu par les services secrets occidentaux. Ce n’est pas l’islamisme qui attaque la classe ouvrière en Occident, mais les États capitalistes, dont la plupart, sont dits «démocratiques». Les provocations et les campagnes antiterroristes et anti-islamistes font partie intégrante des politiques des États et sont utilisées spécifiquement contre la classe ouvrière.

Plus le capitalisme s’enfonce dans la crise économique et les rivalités impérialistes, plus le terrorisme se développe et frappe les populations innocentes. Seule la classe ouvrièrepeut faire reculer les menaces de guerre et de terrorisme en développant ses luttes pour la défense de ses conditions de vie et de travail. Seule, la destruction du capitalisme  peut offrir une solution à cette marche à la guerre forcée que l’État bourgeois tente d’imposer dans les esprits et dans les foyers.

Le prolétariat ne doit pas tomber dans le piège que l’État bourgeois lui tend: être avec les terroristes ou avec l’État bourgeois terroriste. Le prolétariat doit  combattre l’État policier qui terrorise à Ferguson-Missouri et dans tous les États-Unis, en France, au Canada et ailleurs dans le monde.

Non au terrorisme, non à l’État terroriste qui nous mène à la guerre impérialiste mondiale. Oui à la lutte ouvrière contre le capitalisme, sa misère, sa terreur, et ses guerres !

 

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