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Il ne s'agit pas du très médiatique projet de loi Macron bien qu'il prévoit la privatisation partielle du Laboratoire Français de Fractionnement , mais d'une nouvelle étape dans la marchandisation du corps humain comme le dénonce Francis Wurtz  :

« la date fatidique approche : le 31 Janvier prochain, l’Etablissement Français du Sang (EFS) devra arrêter non seulement la production (C’est déjà le cas depuis le 24 octobre dernier), mais la délivrance aux patients du « plasma thérapeutique-SD ». On se prépare donc à ouvrir le « marché » d’un produit sanguin à la concurrence des industriels du médicament. »

Et de préciser :

« « Le sang humain est une ressource rare. Elle permet de soigner plus d’un million de patients par an en France, et ce grâce au geste d’1,7 million de donneurs bénévoles ». Par ces mots, la sénatrice communiste Annie David rappelait fort justement ces données essentielles, le 14 Novembre dernier, dans le cadre du débat parlementaire sur la loi de financement de la Sécurité Sociale 2015. Son intervention concernait précisément l’article de la loi visant à changer le statut du plasma thérapeutique , en ouvrant, par là-même, la voie à sa commercialisation. »

Depuis une décision du conseil d'Etat du 23 juillet dernier, le gouvernement Valls entend transposer une directive européenne qui ouvre la voie à la commercialisation d'un produit issu du corps humain, le sang.

Grosso modo, le sang collecté permet d'obtenir, après diverses manipulations, deux types de produits dont la distinction relève d'une décision politique. Après la Libération, comme le souligne le journal L'Humanité , la règle était la suivante :

« Pas de profits réalisés sur le sang »

Mais, depuis que le continent européen est sous l'emprise ou l'empire du néolibéralisme, le secteur privé est autorisé à exploiter certains produits dérivés du don du sang, réduisant d'autant le périmètre du monopole public.

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Ainsi, le plasma HD, sang traité pour désactiver des virus, devrait entrer dans la catégorie des médicaments et devenir commercialisable grâce à la nouvelle loi relative à la sécurité sociale. Des firmes privées le vendront au plus offrant, spéculeront sur sa rareté ou sur son abondance comme pour n'importe quelle production...

Ce sera la fin de l’Établissement Français du Sang (EFS) qui a pourtant toujours atteint ses objectifs, fournir des produits de qualité et répondre aux besoins des patients, avec à la clé le licenciement de plus 1000 salariés : chapeau les artistes ! Spéciale dédicace à l'enfumeuse Marihorsol Touraine, "compétente" sur le dossier...

Enfin, cette marchandisation ou privatisation rampante du sang risque d'en n'être qu'à ses débuts comme le craint l'ancien député communiste européen :

« Mme Marisol Touraine semble déjà céder -avant même que la question ne soit posée- un nouveau pan de terrain, celui du « don éthique » , c’est à dire le don gratuit, anonyme et bénévole du sang ! Elle invoque à ce propos une autre directive européenne qui, insiste-t-elle, « indique explicitement » que » l’on ne peut l’imposer »! »

Par conséquent, le gouvernement Valls s'apprête à rayer de la carte le don du sang éthique, anonyme et gratuit dans son délire néolibéral.

Nous sommes en présence d'un lamentable exemple de renoncement et d'hypocrisie de la part du parti "socialiste" parce que, d'une part, il accepte sans broncher l'application de ces directives européennes qui sont porteuses de risques en termes de santé publique et d'égal accès aux soins, et, d'autre part, ces directives ont été votées par les députés socialistes européens...

La responsabilité des "socialistes" français est entière dans cette dérive qui affecte un secteur que l'on croyait sanctuarisé et à l'abri de l'appétit vorace de l'oligarchie. Cette réforme de régression sociale n'est justifiée par aucun impératif d'intérêt général : un secteur public qui fonctionne bien va bientôt être fragilisé et déstabilisé pour permettre à une poignée de rapaces de s'enrichir sur ce nouveau marché au détriment de tous, en l'occurrence de notre santé et de l'accès à certains soins. Comme d'habitude...