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Le projet de loi Macron : pâté d’alouette et hyperlibéralisme
Le projet de loi Macron : pâté d’alouette et hyperlibéralisme

Paul Boccara: Le projet de loi Macron : pâté d’alouette et hyperlibéralisme

Première partie : la signification générale.
Deuxième partie : sur quelques points particuliers

1. Sur la signification générale

Le projet de loi prétend libérer l’activité. C’est l’intitulé de la conférence de presse de Macron du 15 octobre, même si ça va passer en janvier. Mais libérer l’activité, en réalité pour l’essentiel il s’agit de l’hyper-libéralisme.
Et surtout faire encore davantage pour le patronat, le Medef, les privatisations, les profits capitalistes et la rentabilité financière.
Il y a une démagogie de présentation. Bien sûr. Sous prétexte de faciliter la vie des entreprises comme il dit, il s’agit du patronat et des grandes entreprises plus que des PME, et au contraire c’est la pression sur les salariés, même s’il y a un effort de démagogie d’intégration des salariés sur l’intéressement. Et donc à l’opposé de l’intérêt général, de l’intérêt public, c’est libérer au contraire les entreprises des contrôles publics et de l’intérêt général. Et y compris en relation avec les directives européennes et l’intégration européenne.
Et politiquement d’ailleurs, par rapport au PS et à l’orientation du PS, ça va dans le sens de la mise en cause des idées même du socialisme, du parti socialiste. Avec le pari de faire une sorte de parti libéral, économique et politique, avec d’ailleurs sans doute la recherche d’alliances avec le centre, pour prendre la place de la droite en quelque sorte, avec toutes les illusions dans ce sens. Et il y a aussi une démagogie considérable avec le pâté d’alouette, le fourre-tout de toutes sortes de mesures mais un pâté d’alouette, avec d’une part une alouette de quelques ouvertures et assouplissements pour l’efficacité, et plusieurs chevaux d’hyper libéralisme réactionnaire. Et avec toute cette démagogie d’ailleurs, corporatisme dit-on, on pointe les notaires et les professions juridiques mais aussi les syndicats.
Alors, par rapport aux défis réels de la situation économique, en France, et sociale, en réalité, ça tend à renforcer les difficultés actuelles de la croissance, au lieu de changer, en prétendant le contraire. Tandis qu’on a un emploi très bas, un chômage très haut : 10,4%, une croissance atone 0,4% en 2014, une faiblesse de l’investissement, on veut renforcer la politique d’austérité, la politique de rentabilité financière pour les entreprises et les banques contre les contrôles et incitations d’intérêt général. Donc on veut renforcer la politique libérale du Medef, déjà avec le pacte de responsabilité et le CICE, et même faciliter l’investissement financier, sous prétexte d’investissement, au lieu de changer d’orientation.
Dans la conférence de presse du 15 octobre, Macron dit « il y a trois maladies de la France » : premièrement la défiance, notamment vis-à-vis du gouvernement, mais précisément cette défiance vient du fait que les promesses d’agir contre la domination financière n’ont pas été respectées et on a fait le contraire, favoriser la rentabilité financière et le patronat, le grand patronat contre les salariés. Et il dit aussi, deux autres maladies après la défiance, c’est la complexité et le corporatisme. Mais pour le projet de loi Macron il s’agit pour l’essentiel de l’hyperlibéralisme : privatisations, etc. Et le corporatisme d’ailleurs, ça prétend viser les notaires mais c’est également les syndicats. Il s’agit aussi des actifs publics : faire respirer les actifs publics, ça veut dire privatiser.
Et d’ailleurs, même Le Monde du 8- 9 décembre parle de démagogie à propos de la justice prud’homale. Alors qu’on prétend conserver la parité salariés-patronat, réduire les délais, il y a surtout la réalité qu’on veut favoriser les entreprises et leur domination contre la parité (contre les représentants des salariés en fait). …contre les conquêtes des droits sociaux acquis
2. Quelques points significatifs dans le texte du projet
1) Privatisations / rentabilité financière,avec ausi le problème de faire respirer les actifs publics, il y a notamment privatisation pour le GIAT(les armements), les aéroports- Côte d’Azur et Lyon, les CHU, valorisation industrielle et commerciale des CHU. Donc toute une série de privatisations.
2) Ensuite l’abaissement, le recul des contrôles publics d’intérêt général sur les entreprises, avec tout ce qui s’appelle « alléger les obligations sur les entreprises », « simplifier les obligations sur les entreprises », « faciliter la vie des entreprises », des intitulés d’articles et encore « simplifier … pour les sociétés européennes ».
3) Troisièmement, le problème d’intégration salariale, avec sous prétexte de renforcer l’intéressement et l’épargne salariale faciliter leur utilisation pour les investissements, les entreprises.
4) Quatrièmement, la justice prud’homale transformée en prétendant garantir la parité patronat- syndicats, mais en réalité il y aura prédominance du patronat.
Plus que ça ils veulent réduire le rôle des juges prudhommaux syndicaux
5) Cinquièmement, étendre la directive concernant le travail du dimanche,
6) Dans l’énorme pâté d’alouette, faciliter, dans une certaine mesure, les transports par autocar. C’est ambivalent. Cela peut sembler en partie, dans une certaine mesure, positif, en partie pousser la privatisation et la concurrence par rapport aux chemins de fer...
Mais est-ce que ça ne serait pas aussi à mettre en lien avec la dette française du réseau ferroviaire ?
C’est évidemment ambivalent. Pour la SNCF ils disent il y a aussi le système de sociétés d’autocar de la SNCF. Evidemment le projet de loi Macron dit oui à d’autres sociétés pour la concurrence. De fait Ils veulent privatiser
Il y a donc démagogie et pâté d’alouette. dans ce projetde loi
.Sur le plan théorique c’est évidemment proche de ce que raconte Tirole, d’ailleurs il le cite, et c’est la lutte contre les soi-disant rigidités, c’est à dire tous les concepts libéraux néoclassiques …ça rejoint le rapport de la Commission Attali dont Macron était rapporteur sous Sarkozy.
Le projet de loi Macron sur le plan théorique, c’est Hyperlibéral : les rigidités syndicales, les rigidités de Etat, les rigidités publiques, et effectivement il s’agit de beaucoup insister là- dessus. En fait pour soi -disant libérer le patronat, toujours de leurs « charges » entre guillemets, et contre les travailleurs, contre les syndicats, contre une vraie régulation publique.
Non seulement les intérêts des travailleurs n’existent pas dans le projet de loi Macron, mais les éléments de régulation sociale on ne les a pas, ou s’ils existent, c’est de façon très démagogique et libérale.
3. Eléments d’alternative
Quatre ensembles, pour libérer réellement et développer l’activité réelle de la société
Autre financement et création monétaire, pour l’emploi, la croissance réelle, les investissements réels et les services publics.
Contrôle public des entreprises privées, des banques, de la BPI( banque publique d’investissement, de la BCE, contre la spéculation financière, pour des obligations sociales pour les salariés.
Extension et participation des entreprises publiques, avec de nouveaux critères de gestion
Droits et pouvoirs nouveaux des travailleurs et usagers, d’intervention dans les gestions des entreprises et services, développement des CDI( contrats à durée indéterminés)

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