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Les cheminots CGT dénoncent le double langage du gouvernement : A l'Elysée, conférence environnementale sur les transports; en Normandie casse du Fret SNCF, fermeture de ligne, de gares, d'agences

Commentaires

 

Le patronat peut se réjouir : les directives européennes sur l'ouverture à la concurrence des transports ( pourtant refusée par un vote souverain en 2005) ont appliquées avec zèle.  La libéralisation du rail est ouvrte.  Le fret ferroviaire a été bradé.  Des marchandises transportées autrefois par l'entreprise publique SNCF le sont maintenant  dans des milliers de camions de grandes entreprises cotées en Bourse.  Souvent des travailleurs détachés y sont employés.  Ces camions coûtent cher à la communauté : pollution, routes et autoroutes surchargées, abîmées, ce sont les Français qui paient et subissent.  Mais ils rapportent gros aux actionnaires.  Ainsi le chiffre d'affaires de Dentressangle a progressé de 3,9% en 2013 ... Nous doutons que l'on parle de ces questions à la conférence environnementale qui s'ouvre ce matin : elles mettent en cause trop d'intérêts privés et européens.

 

En Normandie, la casse se poursuit.  Après avoir laisser se rouiller en gare de Sotteville-les-Rouen les wagons du fret ferroviaire, le gouvernement et la direction de la SNCF poursuivent la casse.  Sur la ligne Dieppe-Rouen, des trains ont été supprimés.  La ligne Bréauté-Fécamp n'existe plus.  Des centaines, des milliers de salariés sont donc contraints d'utiliser leur voiture.  A cela il faut ajouter les retards, les trains supprimés au dernier moment, le matériel mal entretenu.  Et, bien évidemment: le mécontentement s'accroit ! 

 

Le blog de l'UL-CGT de Dieppe dénonçait récemment "un sabotage très organisé" , "qui vise à justifier l'accentuation de la dérive libérale, et l'entrée de la concurrence sur les lignes"

 

La SNCF était une entreprise publique dont nous pouvions être fier et qu'on nous enviait.  

 

L'entretien des voies, des machines était rigoureusement suivi et les trains arrivaient à l'heure.  Contre la volonté des usagers et des citoyens, dans la précipitation et la confusion, tout cela est liquidé.  Les gouvernements successifs et la direction de la SNCF ont dilapidé les sommes nécessaires pour l'entretien des machines et des lignes en France, le renouvellement du matériel en pratiquant des investissements dispendieux à l'étranger.  Depuis la libéralisation du rail, les accidents se sont multipliés en France.  L'enquête menée sur l'accident de Brétigny a mis en lumière la responsabilité de la direction de la SNCF : moins de personnel pour l'entretien, moins d'entretien et de vérifications. C'est de l'argent volé aux usagers et aux salariés car la SNCF est notre propriété commune depuis 1936.  En Juin 2014, c'est pour défendre l'entreprise publique, leurs conditions de travail et leurs emplois que les cheminots ont fait grève.  Aujourd'hui, fort du vote de la loi de privatisation ( ils appellent ça "réforme"), le pouvoir va encore plus loin.  Seule la lutte, la révolte, convergente des usagers et des salariés peut stopper cette grande liquidation.  

 

Il serait grand temps que les usagers, l'ensemble des salariés renouent avec le "Tous ensemble" et prennent conscience de leur force pour combattre.  Nous sommes tous les victimes et les otages de Bruxelles, des gouvernements  français collaborateurs des décisions européennes, des multinationales qui rêvent des profits à réaliser sur les transports, pourtant services nécessaires qui devraient rester publics pour nous tous.  mais cela, les médias ne le disent pas.

 

La libéralisation du rail n'est pas fatale.  Le capitalisme n'est pas inéluctable.  Les Etats européens peuvent coopérer en dehors de cette Union Européenne destructrice.  Une autre voie, celle d'une appropriation publique des secteurs économiques essentiels, contrôlée par les usagers et les salariés, est possible si les citoyens le décident. 

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