Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Jean Jaurès : le centenaire (I)

Frédéric Mistral, Jean Jaurès : le centenaire

Le 15 juillet 2014, France 3 Midi-Pyrénées présente un webdocumentaire intitulé « Quand Jaurès s'adresse à la jeunesse ».

Mais on ne trouve aucune référence à Jean Jaurès, pas plus qu'à ceux qui se sont opposés au déclenchement de la première guerre mondiale ou encore aux victimes civiles de cette guerre, dans le message d'introduction de François Hollande au dossier de presse que le site de l'Elysée consacre au 14 juillet 2014. Circonstance que nous avons déjà soulignée dans notre article « Frédéric Mistral : le centenaire (II) », et qui peut surprendre compte tenu des conséquences humaines et historiques extrêmement graves de cette guerre analysées notamment dans « Première guerre mondiale : le centenaire » (I) et (II) et (III), et dans « Première guerre mondiale, "gauches" et impérialisme (I) ».

Qui, d'ailleurs, entreprend d'analyser sans concession le processus historique (expansion coloniale, rivalités entre puissances hégémonistes...) qui a conduit à cette guerre aux effets destructeurs sans précédent ? Ou celui qui en a résulté (effondrement des puissances européennes au profit des Etats-Unis et de l'Union Soviétique naissante, fascisme, nazisme, deuxième guerre mondiale...).

Dans Le Huffington Post, un historien aborde la question « Les socialistes étaient-ils démunis face à la Première Guerre mondiale ? ». Un constat historique s'impose : le mot d'ordre « Guerre à la guerre ! » et la menace d'une grève générale européenne sont devenus lettre morte au moment où la guerre a effectivement éclaté juste après l'assassinat de Jean Jaurès perpétré le 31 juillet 1914. Dès août 1914, Lénine condamnera « l'attitude des chefs du parti social-démocrate allemand (...) qui ont voté le budget de guerre et qui reprennent la phraséologie bourgeoise et chauvine (...) », ainsi que « l'attitude des chefs des partis social-démocrates belge et français, qui ont trahi le socialisme en entrant dans les ministères bourgeois ».

Trois ans plus tard, la révolution socialiste triomphait en Russie alors que l'Europe occidentale sombrait dans une débâcle qui devait encore s'aggraver pendant trois décennies et dont elle ne s'est jamais vraiment remise. Si la dégringolade européenne causée par la première guerre mondiale a permis aux Etats-Unis de devenir la première puissance de la planète, la deuxième grande guerre s'est soldée par la double hégémonie des Etats-Unis et de l'Union Soviétique. Dans son discours du 25 juillet 1914 à Lyon-Vaise, Jean Jaurès dénonça explicitement « la politique coloniale de la France » comme étant l'une des causes de la guerre qui s'annonçait et qu'il appelait le mouvement ouvrier à empêcher par une mobilisation générale.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/07/14/jean-jaures-le-centenaire-i-50054.html ]

Frédéric Mistral : le centenaire (II)

 

Frédéric Mistral, Jean Jaurès : le centenaire

La fête du 14 juillet est un anniversaire de la Révolution Française, avec la prise de la Bastille et la Fête de la Fédération.

Doit-on lui amalgamer le centenaire de la première guerre mondiale, comme c'est le cas cette année ? Force est de constater que dans son message d'introduction au dossier de presse consacré au 14 juillet 2014 sur le site de l'Elysée, François Hollande rend hommage aux « soldats de tous les continents qui ont participé aux combats de la Grande Guerre », ou encore aux « salariés de nos entreprises de défense ». Mais les victimes civiles de la première guerre mondiale, ou ceux qui comme Jean Jaurès s'y sont opposés, ne semblent pas bénéficier du même traitement. Et quel jugement porter sur les causes et mobiles de la première guerre mondiale, déjà analysés dans nos articles « Première guerre mondiale : le centenaire » (I) et (II) et (III) ?

Quel bilan dresser de cette guerre qui a ravagé l'Europe, permis aux Etats-Unis de devenir la première puissance planétaire et déclenché un processus d'une violence sans précédent qui devait conduire à une deuxième guerre mondiale encore plus destructrice ? Que serait-il alors advenu de l'Europe occidentale sans la défaite des nazis devant l'Union Soviétique ? La Tribune écrit « Jaurés, l'homme de gauche qui fait toujours l'unanimité ! », et Le Figaro rappelle « Jean Jaurès, le premier mort de 14 ». Au même moment, Var Matin fait état de « Onze soirées ciné à l'affiche des Toiles du Sud de Cotignac » dédiées entre autres « au centenaire de Frédéric Mistral avec l'opéra "Mireille" ». La semaine dernière, La Dépêche écrivait également « Une belle cour d'amour pour le 3e félibrée de Claire Auban », à propos d'une « fête de la langue occitane, marquée par une vive affluence et dédiée au centenaire de la mort de Frédéric Mistral »et interrogeait en même temps « Lenga viva : saura-t-on si Mistral était écolo ? ».

Un centenaire dont nous avions déjà souligné la forte signification historique l'année dernière dans notre article « Frédéric Mistral : bientôt le centenaire (I) ». L'apport de Frédéric Mistral n'en resta pas à la poésie : il fut entre autres un pionnier dans la défense du droit des peuples à l'usage de leur langue, aujourd'hui reconnu par les plus hautes instances internationales. Il reçut en 1904 le Prix Nobel de Littérature en reconnaissance simultanée de l'inspiration de son oeuvre poétique et de son travail de philologue du provençal. Un tel anniversaire dans le domaine de la culture de notre pays mérite d'être signalé, à un moment où Le Nouvel Observateur alerte « "Du jour au lendemain" : l'émission d'Alain Veinstein sacrifiée sur l'autel de la promo » et Sitaudis diffuse un appel « Contre l'éviction d'Alain Veinstein ».

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/07/14/frederic-mistral-le-centenaire-ii-50053.html ]

Partager cet article

Repost 0